J’avais promis qu’on ne m’y reprendrait plus. A quoi ? A donner les détails d’une exposition après la tombée du rideau. Mais, on ne se refait pas, hein ?!
"La Parisienne n’est pas à la mode, elle est la mode", dixit Arsène Houssaye, homme de lettres du XIXème siècle.
Me voici donc au Musée d’Orsay pour l’exposition L’Impressionnisme et la Mode, renouant ainsi avec les plus beaux tableaux de Renoir, Monet, Tissot, Degas, Manet ou Cézanne mêlés aux tenues, bien réelles celles-ci, de scène, de ville, d’été, de maison de ces dames durant ce siècle.
Entre 1800 et 1900, la mode a profondément évolué, tout en restant un atout immuable à la femme bourgeoise du Second Empire. De ces femmes qui portent des corsets très pointus à l’effet amincissant indéniable avec des robes de crinoline bouffantes devant ET derrière, les lanceuses de mode comme on les appelait alors (les Kate Moss et Victoria Beckham d’aujourd’hui) raccourcissent leurs corsets et ne laissent que la cambrure de la la chute des reins bouffante. Une mini-révolution !
L’idéal féminin étant alors uniquement concentrée sur la taille des femmes : plus fine est leur taille, plus grand est le respect des autres face à elles ! On la découvre notamment avec le tableau "Dans la serre" d’Albert Bartholomé peignant sa femme, Prospérie, en 1881, drapée d’une robe de coton imprimé; une robe qui fut, par ailleurs, fétichement conservée par le peintre après la disparition brutale de celle-ci.
Ce n’est que pendant la seconde moitié du siècle que le décolleté apparaît. Auguste Renoir le peigna admirablement sur son tableau "Portrait de Madame Charpentier et de ses enfants" en 1878. A cette époque, le mari de Madame Charpentier n’était ni plus ni moins l’éditeur des célèbres Flaubert et Zola et faisait face au succès incroyable de "l’Assommoir".
Les tissus s’allègent peu à peu, pour laisser découvrir des épaules nues pendant les soirées mondaines, les bals et autres opéras (ci-dessous avec les tableaux d’Eva Gonzales "Une loge aux Italiens" et de Jean Béraud "Une soirée").
Le monde est en constante évolution, l’industrie se déploie, l’espérance de vie s’améliore. Gustave Caillebotte nous dévoile un Paris où la mode crée son espace avec son tableau "Rue de Paris" peint en 1877, presque réel, presque photographié comme il en avait le sens.
La Capitale française offre désormais un accès plus large à la consommation grâce à l’ouverture des Galeries Lafayette et du Bon Marché. Quatre journaux de mode possèdent également pignon sur rue : "La Mode Illustrée", "Demoiselles", "La Femme du Foyer" (c’était y a 200 ans hein !) et "Salon de Mode".
Il y aurait encore tant de choses à dire sur cette belle exposition, tant de choses à montrer, tant de choses à décrire : la lumière qui se dégage des tableaux, les liens d’amitié entre tous ces artistes de l’époque, etc. L’impressionnisme révèle finalement assez bien au grand jour cette mode qui se dévoile, se déride et se démocratise, des femmes qui se libèrent d’un carcan familial pesant. Une exposition à découvrir me semble-t-il, n’en déplaise à ses détracteurs qui limitent le lien existant entre l’Impressionnisme et la Mode. Dommage qu’elle se soit terminée hier … (pour les voyageurs, rendez-vous désormais au Metropolitan Museum de New York)







Révolution douce